Formation

EHESS – Histoire de la Méditerranée asiatique

Etudes sous la direction du Pr Denys Lombard (1993–1995)

École Supérieure d’Architecture de Nantes

Master d’Architecture (1988–1995)
Diplômée de l’École Supérieure d’Architecture de Nantes

INALCO

Langues et littératures indonésiennes (1993–1995)

Lycée Choiseul – Arts appliqués

(1985–1988)
Bac F12 Arts Appliqués avec mention.

École des Beaux-Arts de Tours

(1985–1988)
Dessin et sculpture


Recherche & Innovation

  • Publication : L’Architecture des Batak Toba de Sumatra
  • 57 revendications brevetées (INPI, 2012)
  • Développement de systèmes constructifs innovants
  • Études sur charpentes sous-tendues
  • Évaluations technologiques & environnementales

Coopérations internationales

  • Consultante post-tsunami (CHF International / Ambassade de France – Jakarta)
  • EB2-NIW aux USA
  • Direction du S.A.B. Center
  • Programmes R&D – architecture durable & écologie urbaine

Distinctions

  • 2e prix Innovation en Construction — CNAM (2013)
  • Jeunes Talents — Ministère des Finances (2013)
  • Trophées de l’Innovation — Arbocentre (2013)
  • 1er prix Association Nationale des Comptables (2011)
  • CARINNA Incubation (2010)
  • Innovation en Construction — CNAM (1992)
  • Kodak Young Reporter (1992)

Diplômée de l’École Supérieure d’Architecture de Nantes et formée à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales à Paris auprès du professeur Denys Lombard, j’ai entrepris très tôt un parcours intellectuel orienté vers la compréhension des structures dans leur dimension à la fois technique, culturelle et politique. Mon travail s’est construit dans un dialogue constant entre terrain et théorie, entre observation patiente et modélisation rigoureuse.

Entre 1992 et 1995, huit mois de terrain en Indonésie ont profondément structuré ma méthode. L’étude des architectures Batak de Sumatra ne relevait pas d’un intérêt formel ou pittoresque, mais d’une recherche sur les systèmes capables d’articuler climat, organisation sociale, économie locale et transmission technique. Ce travail a constitué le socle de mon projet de fin d’études et a donné lieu à un ouvrage consacré à L’Architecture des Batak Toba de Sumatra, dans lequel j’ai analysé les charpentes sous-tendues comme des dispositifs à la fois structurels, économiques et symboliques.

Cette immersion m’a appris à considérer l’architecture comme une organisation du vivant. Une structure ne tient pas seulement par la résistance des matériaux ; elle tient par la cohérence de ses équilibres. Cette compréhension des systèmes complexes — constructifs, institutionnels ou économiques — est devenue le fil conducteur de mon parcours.

Après l’obtention de mon diplôme d’architecte en 1995, j’ai prêté serment. Je n’exerce plus aujourd’hui au sens réglementaire du terme, mais ce serment demeure pour moi un engagement irrévocable. Il fonde ma manière de travailler : indépendance, probité, responsabilité et primauté de l’intérêt général. À cette exigence initiale, j’ai progressivement intégré une conception élargie de l’intérêt public telle qu’elle est reconnue aux États-Unis, où la valeur d’un travail se mesure à son utilité collective à long terme. L’éthique n’est pas pour moi un principe abstrait ; elle constitue un cadre opératoire. Elle implique de refuser les montages fragiles, les compromis techniques dangereux ou les logiques spéculatives lorsque celles-ci compromettent l’équilibre d’un projet ou d’un territoire.

Mes recherches sur les structures à charpente sous-tendue et sur l’innovation constructive en filière bois ont prolongé cette exigence. Inspirées de systèmes traditionnels observés en Asie, elles ont été formalisées, modélisées et protégées par des revendications brevetées reconnues par l’Institut National de la Propriété Industrielle en 2012. Il ne s’agissait pas de transposer un modèle vernaculaire, mais de démontrer que l’observation ethnographique peut devenir un levier d’innovation formelle et structurelle. À partir des principes observés dans les architectures Batak, j’ai développé des dispositifs contemporains transformant la géométrie, les assemblages et l’expression architecturale, afin d’explorer de nouvelles possibilités constructives adaptées aux enjeux actuels.

À la suite du tsunami de 2004, mes missions en Indonésie, notamment pour le CHF International et en lien avec l’Ambassade de France à Jakarta, m’ont conduite à intervenir dans des contextes où la reconstruction impliquait autant des analyses sociologiques que des lectures techniques du territoire. J’y ai mené des enquêtes de terrain, participé à des évaluations de projets humanitaires et contribué à des missions nécessitant une articulation fine entre intérêts locaux et cadres internationaux. J’ai également réalisé des audits financiers dans des contextes sensibles, où la rigueur des chiffres devait dialoguer avec les réalités humaines.

Mon intervention auprès de l’IUATLD pour la refonte et la structuration stratégique de leur site web relevait de la même logique. Derrière l’architecture numérique d’un site se dessine toujours une architecture institutionnelle : hiérarchies, flux d’information, rapports de pouvoir, équilibres internationaux. La mission exigeait une approche à la fois technique, sociologique et anthropologique afin d’articuler les intérêts multiples d’une organisation internationale. L’informatique n’était pas une fin en soi, mais un outil de clarification structurelle.

Au fil de ces expériences, la conception architecturale s’est élargie vers l’analyse globale de projets : études de faisabilité, évaluations technologiques, certifications environnementales, projections financières, stratégies de filière. J’ai appris à lire un projet comme on lit une charpente : identifier les points de tension, mesurer les charges, anticiper les déformations possibles, vérifier la cohérence de l’ensemble.

Aujourd’hui, j’interviens auprès de collectivités territoriales, de copropriétés et d’institutions culturelles lorsque les situations deviennent complexes : conflits d’usage, déséquilibres de gouvernance, incertitudes réglementaires, besoin de clarification documentaire ou de projection à long terme. Mon rôle n’est pas de me substituer aux décideurs, mais de rendre lisibles les enjeux, de structurer les dossiers, d’objectiver les faits et d’éclairer les choix.

En amont d’un projet municipal, par exemple, je privilégie une phase d’analyse qui tient autant de l’étude technique que de l’observation ethnographique : comprendre les usages réels d’un lieu, les tensions latentes, la mémoire du site, les contraintes économiques et réglementaires, les attentes symboliques d’une population. Cette étape permet de définir un projet cohérent avant même sa formalisation architecturale. L’architecture devient alors une méthode de travail applicable à d’autres domaines : analyser, hiérarchiser, structurer, équilibrer.

Cette méthode s’applique également au numérique. Formée aux outils WordPress et aux technologies web, je gère l’ensemble de la chaîne technique : administration de serveurs, enregistrement et configuration de noms de domaine, paramétrage DNS, certificats SSL, personnalisation avancée de thèmes, développement de fonctionnalités spécifiques, optimisation des performances et sécurisation. Les sites que j’ai conçus, notamment signaturejocondienne.fr et monebay.com, témoignent d’une approche où l’architecture éditoriale, l’identité visuelle, la gestion des flux d’information et la cohérence stratégique sont pensées comme un système unifié. La maîtrise des outils de communication constitue aujourd’hui un levier essentiel dans la gestion de projets, la médiation en copropriété ou la gouvernance institutionnelle : une information claire stabilise un système.

Parallèlement à mes recherches techniques, la dimension artistique a toujours occupé une place essentielle dans mon parcours. Je considère le principe du « 1 % artistique » non comme une obligation administrative, mais comme l’expression d’une vision culturelle du patrimoine. L’architecture n’est pas seulement une discipline technique ou financière ; elle participe à la construction symbolique d’un territoire. Mes travaux de dessin, d’écriture et de recherche visuelle prolongent cette conviction : une structure se comprend aussi par sa capacité à produire du sens.

Avec le temps, je me définis moins comme une architecte au sens strict que comme une auteure et analyste des systèmes bâtis et institutionnels. J’écris, je documente, je structure et je rends intelligibles des situations complexes. Mon engagement demeure constant : défendre une conception du patrimoine — public ou privé — qui associe solidité technique, cohérence économique et exigence éthique.

Je crois profondément que l’expertise n’a de valeur que si elle sert l’intérêt général. C’est cette ligne directrice qui relie mes recherches en Indonésie, mes développements techniques, mes missions humanitaires, mes audits financiers, mes projets numériques et mon accompagnement actuel de collectivités et de copropriétés. Une même méthode, une même exigence, une même responsabilité.