Lyrics
Il y a dans chaque époque une braise qui refuse de s’éteindre
Un mot prononcé dans les nuits les plus noires
Un souffle que rien
Ni les rois ni les empires ni les tyrans modestes ne parvient à étouffer
Ce mot Hugo en avait fait sa boussole
L’avenir
Hugo disait
Rien n’arrête une idée dont l’heure est venue
Ce n’est pas une phrase c’est une prophétie
Une prophétie dont la France porte encore le sceau
Même lorsque ses gouvernants l’oublient
Car la France n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle se tourne vers ce qui doit naître
Jamais aussi forte que lorsqu’elle protège ce qui commence
Jamais aussi juste que lorsqu’elle écoute ceux qui ne possèdent que leur voix
La promesse de Victor Hugo c’est cela
Qu’aucune force humaine ne peut arrêter une idée nécessaire
Ni les ministères
Ni les féodalités modernes
Ni les castes
Ni les réseaux
Ni les puissances qui croient régner par la peur ou par l’argent
Une idée juste n’a pas besoin d’armée
Elle n’a besoin que de temps
Et le temps tôt ou tard se range à la justice
Car ce n’est pas la France qui appartient aux puissants
C’est la France qui appartient aux idées
Et une idée lorsqu’elle résonne avec l’espérance d’un peuple
Devient une colonne de pierre qu’aucune main ne renverse
La promesse de Hugo c’est la certitude que
Même lorsque les institutions vacillent
Même lorsque l’État chancelle
Même lorsque les citoyens s’épuisent
Il existe en eux une force plus ancienne que les régimes
Plus solide que les lois
La conscience du juste
Cette conscience Hugo la voyait comme une cathédrale intérieure
Un monument qu’aucun incendie politique ne peut faire tomber
Une lumière que nul préfet ne peut éteindre
Hugo croyait en la France parce qu’il croyait en son peuple
Pas en ses élites
Pas en ses puissances du moment
Mais en ceux qui vivent debout
En ceux qui se lèvent quand tout les invite à plier
En ceux qui disent non
Non par colère
Mais par dignité.
Sa promesse n’était pas naïve
Elle était courageuse patiente révolutionnaire au sens le plus noble
Et aujourd’hui encore
Dans un pays secoué par les inégalités
Les féodalités nouvelles
Les illusions politiques
Les mensonges économiques
Le cynisme gestionnaire
La promesse de Victor Hugo demeure intacte
Qu’une idée juste finit toujours par triompher
Parce que l’avenir lui appartient
Elle triomphe même lorsque ceux qui la portent sont maltraités
Elle triomphe même lorsque l’État détourne la tête
Elle triomphe même lorsque les puissants la raillent
Elle triomphe parce qu’elle porte le monde
Et qu’aucune main d’homme ne porte le monde longtemps contre la vérité
Victor Hugo n’a jamais écrit pour flatter l’ordre établi
Il écrivait pour le défier
Il écrivait au nom des opprimés des oubliés des veuves des enfants des travailleurs
De tous ceux que l’Histoire appelle petits
Alors que la République les appelle citoyens
La promesse de Hugo
C’est la promesse que
Tant qu’un seul Français se souviendra de sa propre dignité
La France ne sera pas perdue
Tant qu’un seul esprit aura le courage de dire ce qu’il voit
La vérité ne sera pas morte
Tant qu’un seul cœur refusera la résignation
L’avenir restera ouvert
Et tant qu’une seule personne dans un atelier une école une salle de tribunal un bureau silencieux une page blanche une œuvre d’art
Portera une idée dont l’heure est venue
Alors la France aura encore un horizon
Car Hugo ne croyait pas aux régimes
Il croyait aux réveils
Et le réveil parfois commence par une seule voix



